Pour son cinquième roman, « Le Clan Thérence », l’auteur wambrecitain Guy Lerbut nous raconte les coulisses d’une histoire palpitante imaginée au fil de son inspiration... sans même en connaître le dénouement !
Le Clan Thérence est un livre à dévorer. Une enquête au cœur d’une histoire de famille, de pouvoir et de secrets, dont la toute première scène est née… au détour d’une promenade sur les bords de la Deûle.
Comme souvent, Guy Lerbut profite de son quotidien pour marcher le long du canal. À l’approche du pont du Vert Galant, une scène lui traverse alors l’esprit : « Dans ma tête, j’élucubre une voiture qui tombe dans la Deûle et j’en serai le seul témoin. Et voilà, c’est parti ! Le point de départ est trouvé. Ensuite, mon imagination prend le relais ».
Cette image donnera naissance au Clan Thérence. Dans le roman, le témoin devient Julien Rubempré, un journaliste qui reçoit un mystérieux appel l’invitant à assister à un accident qui n’a pas encore eu lieu.
Lorsqu’un SUV plonge effectivement dans la Deûle, les pompiers découvrent à son bord le corps de Philippe Daumène, héritier d’une famille d’industriels. L’enquête conclut au suicide. Julien, lui, n’y croit pas.
Le Nord comme terrain de jeu
Derrière l’intrigue policière se dévoile peu à peu un univers de notables, d’entrepreneurs et de secrets familiaux, où les intérêts individuels se heurtent à ceux du clan. « Dans une famille d’entrepreneurs, passée la première génération, il y a souvent dualité entre héritier direct et compétence. Cela entraîne des rivalités internes mais, vis-à-vis du monde extérieur, l’omerta s’impose, l’intérêt du clan prévaut ».
Un univers dont Guy Lerbut connaît certains ressorts. Il a lui-même commencé sa vie professionnelle au sein d’un groupe familial. Sans aucun rapport avec l’intrigue du roman, cette expérience l’a néanmoins inspiré dans la manière de répartir les rôles au sein de l’entreprise.
De la Deûle aux différents territoires de la région, l’auteur aime surtout faire évoluer ses personnages dans un environnement qu’il connaît et auquel il est profondément attaché : « Le Nord est mon terroir et, d’Avesnes-sur-Helpe à Dunkerque, avec Wambrechies comme point central, je le mets souvent en exergue ».
Écrire sans connaître la fin
Si le point de départ du Clan Thérence est très précis, la suite de l’intrigue l’était beaucoup moins. Guy Lerbut ne savait en effet pas lui-même comment son histoire allait se terminer lorsqu’il a commencé à l’écrire.
« Je n’avais en tête que la situation de départ, en l’occurrence la chute d’une voiture dans la Deûle. La suite se dévoile à moi au gré de mon imagination, au fil des journées ou des nuits passées devant mon ordinateur jusqu’au dénouement final. Je suis aidé par mes personnages ».
Une méthode qui pourrait être vertigineuse pour certains auteurs. Mais après cinq romans, Guy Lerbut assure n’avoir « jamais de doute » sur sa capacité à aller au bout d’une histoire : « Je ne suis pas atteint par le syndrome de la page blanche et j’ai confiance en mon imagination ».
Sa manière d’écrire continue néanmoins d’évoluer. Au fil des publications, les personnages secondaires prennent davantage de place et disposent désormais de leurs propres chapitres.
Le rituel, lui, reste particulièrement dépouillé : « Seul, dans le silence, assis devant mon bureau, face à un mur blanc, un verre d’eau à proximité… Je suis un ascète de l’écriture ». Un ascétisme auquel l’auteur consacre environ deux heures par jour et qui peut durer plus d’un an pour donner naissance à un roman.
Et maintenant, le sixième ?
Pour Guy Lerbut, le meilleur indicateur reste finalement le lecteur. « Quand une lectrice ou un lecteur me dit : “J’ai lu ton roman en deux jours”, je suis content. J’ai réussi à maintenir le suspense, à lui donner envie de tourner assidûment les pages ».
Après Le Clan Thérence, l’auteur wambrecitain pourrait donc légitimement souffler un peu. Car repartir pour une nouvelle histoire, rappelle-t-il, c’est « s’engager pour plus d’un an, deux heures par jour ». Alors, le sixième attendra ? Peut-être pas si longtemps… « Là, je suis en pause, quelque peu flemmard parce que c’est du boulot quand même… mais j’ai dans la tête un nouveau point de départ ! Alors… »
