Partons à sa rencontre en échangeant avec son petit-fils, Philippe Marquillies.
Chargé de mission et de médiation culturelle et pédagogique à La Coupole, Centre d'Histoire et de Mémoire du Nord-Pas-de-Calais, Théo Hooreman est aussi un Wambrecitain passionné d'Histoire. Il vous invite à remonter le temps, à la rencontre de certains grands personnages qui ont fait l'histoire de Wambrechies.
Théo Hooreman : Pouvez-vous nous présenter votre grand-père ?
Philippe Marquillies : Germain Marquillies est né à Wambrechies en 1883 de parents cabaretiers. Comptable de métier, il résidait rue de la gare avec son épouse Julia.
Il participe à la Première Guerre mondiale d’abord en France puis sur le front d’Orient. Après la guerre, il décide de s’engager en politique et devient conseiller municipal dès 1935.
Quelle action mène-t-il au cours de la Seconde Guerre mondiale ?
A partir de 1943, il s’engage en Résistance au sein de Libé-Nord, dans le groupe « Gaulois », commandé par le wambrecitain Henri Dernoncourt.
Il prend part à plusieurs actions contre l’occupant comme le dynamitage d’un transformateur électrique au hameau du Bleu Bordeau puis celui de la ligne de chemin de fer Lille-Comines. Cette dernière opération est un échec puisque le matériel de dynamitage est découvert avant l’explosion.
Ensuite, il participe aux combats visant à libérer la commune en septembre 1944 et notamment au niveau de l’ouvrage de la Redoute (actuellement Emmaüs) pour récupérer le matériel laissé par les Allemands.
C’est à la Libération qu’il devient maire de Wambrechies…
Ancien résistant, il est nommé par le Préfet du gouvernement provisoire en 1944 pour remplacer le maire Gaston Picavet.
Quelques mois plus tard, il est officiellement élu maire à 61 ans.
Il s’agit du premier scrutin auxquelles les femmes ont pu voter. C’était il y a tout juste 80 ans. Son mandat voit deux premières femmes intégrer le Conseil Municipal : Madeleine Busk et Marguerite d’Halluin.
Il dote la commune de nouveaux bâtiments municipaux tels que la salle des fêtes et le poste de police.
Germain Marquillies agit également en matière sociale avec la mise en place d’une assurance contre les accidents pour le personnel municipal, il œuvre à reconstruire les édifices endommagés au cours de l’Occupation et agrandit l’école des filles.
Il reste maire jusqu’à sa démission en 1955 pour raisons de santé.
Une rue porte aujourd’hui son nom dans la commune, la rue du Maire Marquillies.
