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Gens du voyage rue Obert, la lettre du Maire au Préfet

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Daniel Janssens y dénonce le manque d'aires d'accueil des gens du voyage, la lenteur de la procédure d'expulsion, ainsi que l'attitude déplorable de ceux qui ont investi le parking de Carrefour.

Publié le 29 octobre 2018

Vous avez été nombreux à vous plaindre de la présence des gens du voyage qui se sont installés illégalement sur le parking de l'ancien Carrefour rue Obert.

Nuisances sonores nocturnes, remarques désobligeantes, destruction du magasin, vols, monceaux d'excréments, dépôts sauvages d'ordures sur la voie publique, entre autres, ont particulièrement choqué. 

La ville a pourtant, dès le matin de leur arrivée, lancé la procédure administrative demandant l'expulsion des gens du voyage par les forces de l'ordre. Celle-ci prenant du temps (lire ci-dessous), la situation a malheureusement eu le temps de se détériorer. Au grand dam de vos élus et de Daniel Janssens, qui a envoyé une lettre à Monsieur Michel Lalande, Préfet du Nord, que voici :

Monsieur le Préfet,

Chaque année, Wambrechies et les Wambrecitains subissent, comme bien d’autres communes de la Métropole et du Département, l’occupation illégale de gens du voyage. Vous le savez, les 4 communes de Marquette, Bondues, Marcq-en-Barœul et Wambrechies sont pourtant en règle au regard des lois Besson.

Pour plusieurs raisons, les gens du voyage ne trouvent pas d’emplacement pour stationner, ou ne stationnent pas sur les aires prévues à cet effet, et le font par conséquent illégalement et de manière anarchique, souvent, sur nos territoires. Depuis de nombreuses années maintenant, nous sommes confrontés, aux mêmes périodes, à ces implantations.

Le nouveau schéma départemental d’accueil des gens du voyage est actuellement à l’étude (le précédent se termine en 2020) et je me saisis de la situation que les Wambrecitains viennent de vivre pendant 10 jours pour vous interpeller, de manière à ce que des solutions réelles et immédiatement opérationnelles soient trouvées. Nous ne pouvons plus supporter que des situations aussi tendues soient ainsi imposées aux administrés.

Monsieur le Préfet, je sais qu’il y a un temps pour la réflexion, un temps des dossiers et des ajustements territoriaux. Mais il y a aussi un temps auquel nous sommes actuellement soumis et qui est celui du ramassage des déchets sur la chaussée, le temps du travail des équipes spécialisées, qui sont chargées à l’heure où je vous parle, de nettoyer des surfaces entières d’excréments humains dans un magasin qui venait juste de fermer.

Avec tout le respect qui est le mien et celui de mes administrés, je suis au regret de vous dire que les procédures actuellement en place ne sont pas adaptées. 

Comment justifier que les forces de l’ordre n’interviennent que 15 jours (c’est une moyenne) après avoir été sollicitées par les services municipaux, en lien avec la Police Nationale ?

Comment justifier auprès de mes concitoyens qu’aucune procédure de dédommagement ne soit jamais mise en place ?

Le dialogue avec les différentes communautés de gens du voyage est souvent possible et les élus que nous sommes sont régulièrement en contact avec certains de leurs représentants. Les communes et notamment les maires sont effectivement aux premières loges, et leurs adjoints sur le terrain chaque jour pour trouver des solutions.

Dans le cas qui nous touche aujourd’hui et je joins à cet effet l’article de presse sorti ce mardi 23 octobre [NDR : le 22 sur Internet, le 23 en version papier], plusieurs problèmes sont soulevés :

  • L’installation illégale et sauvage (des clôtures ont été détériorées dès l’arrivée des caravanes, alors même que nous avions anticipé cette installation avec Carrefour et protégé les issues).
  • Le traumatisme des riverains : un béguinage de personnes âgées et handicapées se trouvent notamment juste derrière le magasin et le parking qui ont été occupés et ces personnes sont venues en mairie nous dire toute leur inquiétude face à des comportements menaçants à leur égard (gestes et paroles).
  • Le vol de matériel sur place (même si nous ne pouvons accuser formellement, les faits parlent assez clairement et un constat d’huissier a été réalisé par Carrefour Proximité, propriétaire du site).
  • La détérioration systématique de l’ensemble de la surface du magasin est absolument incroyable et assez inédite visiblement. Comme je vous le disais précédemment, une équipe de 6 personnes nettoie aujourd’hui le site.

Le montant des travaux s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros à la charge de Carrefour.

Compte tenu des vols (une chaudière d’une tonne au moins a disparu), des détériorations de biens et mise en danger du site (les arrivées d’électricité et de gaz ont dû être vérifiées), la Police judiciaire a passé sur place une après-midi entière ce mardi 23 octobre.

Monsieur le Préfet, ce que j’appelle de mes vœux ce sont des solutions immédiates !

  • Des sanctions à l’égard de personnes délinquantes et qui ternissent de surcroît, toute une partie de la population des gens du voyage. Ces délits ne peuvent plus rester impunis et je vous demande expressément qu’une procédure judiciaire avec réponse pénale soit prononcée à l’égard de ces personnes (vous disposez de tous les relevés des véhicules).
  • La plupart des gens du voyage n’ont pas ce type de comportement, même s’ils enfreignent la loi en s’installant de manière illégale, sur des terrains publics ou privés.

Aussi il est urgent désormais de disposer de terrains en nombre suffisant pour accueillir l’ensemble des gens du voyage, et ce, conformément aux lois prises en ce domaine.

Les communes qui ne remplissent pas leurs obligations doivent donc, elles aussi, être confrontées à leurs responsabilités.

Monsieur le Préfet, je souhaite enfin, et je pense pouvoir m’exprimer au nom de toutes les communes qui remplissent leurs obligations, que dès l’implantation illégale de gens du voyage sur nos territoires, les forces de l’ordre interviennent dans les trois jours qui suivent cette installation.

Il en va du respect de tous les administrés à qui nous ne devons plus laisser penser que nous, les maires, sommes démunis face à ces comportements.

J’espère, Monsieur le Préfet, me faire le relais d’une situation qui nuit tant aux uns qu’aux autres, à tous ceux qui respectent des lois votées pour nous permettre de bien vivre ensemble.

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’assurance de mon profond respect.