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Le fort du Vert Galant

> Rue du Vert Galant | Situer sur le plan de la ville

Acheté à l’armée française par la ville en 2009, le fort du Vert Galant est l’un des derniers vestiges des forts dits « à crête unique » bâtis au lendemain de la guerre de 1870. Une histoire centenaire, marquée du sceau de l’immédiate obsolescence de ce type d’édifice, mais aussi et surtout, du sang des personnes qui y furent exécutées lors de la seconde guerre mondiale.

Posé sur 11 hectares de glacis et de bâtiments à la limite Ouest de la ville, le fort du Vert Galant, de son vrai nom Fort Carnot, fut bâti en 1879 par le Général Séré de Rivières afin de protéger Lille d’une éventuelle nouvelle invasion prussienne et de ses alliés allemands.

L’édifice ne fut cependant jamais armé. En cause : un défaut d’anticipation quant à l’évolution du pouvoir de destruction de l’artillerie, laquelle a rendu ce type de fortification inutile dès sa livraison, en 1881...

Une obsolescence immédiate, qui n’empêche pas les armées française et allemande d’utiliser tour à tour l’ouvrage comme lieu de casernement ou d’entraînement.

Ainsi dès 1914, l’armée allemande qui est présente à Wambrechies, fait du fort, à deux pas du front de Quesnoy/Deûle, un lieu de repos et de ravitaillement. Idéalement situé en bordure de la confluence Lys-Deûle et au droit de la voie de chemin de fer, l’édifice est ainsi occupé pendant toute la première Guerre Mondiale.

Récupéré par la France au sortir de la Grande Guerre, le fort subit ses premières (et dernières) importantes destructions en 1939, quand l’armée française dynamite son corps central ainsi que la cour Est (photo ci-dessus), afin d’éviter une nouvelle occupation par l’ennemi.

Seule la cour Ouest demeure alors accessible par un chemin précédant la porte principale. C’est ce chemin funèbre qui fut emprunté par les 92 civils fusillés par les Allemands de 1941 à 1943.

Nombre des suppliciés étaient des leaders syndicaux et personnes saillantes qui ont mené la grande grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais contre l’occupant.

C’est en leur mémoire qu’une stèle a été installée dans la cour Ouest du fort, sur le lieu même de leur exécution (photo ci-dessous).

Après la seconde Guerre Mondiale et jusqu’en l’an 2000, l’armée française utilise le fort de façon occasionnelle pour y effectuer manoeuvres et entraînements.

Comme le savent nombre de Wambrecitains, ce relatif abandon fut une chance pour dame Nature qui a repris possession des lieux en dissimulant ce qui reste de l’imposant édifice sous un épais humus surplombé par la canopée des milliers d’arbres qui y ont poussé (lire l'encadré "Un site remarquable").

L’histoire du fort du Vert Galant est donc plurielle, construite de longues périodes de quasi-abandon entrecoupées d’occupations allemandes marquées par l’épisode sanglant de 1941-1942.

Afin de sauvegarder la mémoire des victimes tombées en ce lieu, de préserver l’architecture unique et le glacis sauvage qui l’entoure, mais aussi pour lui donner (enfin) vie à travers une programmation événementielle de qualité jouant l’accord mémoire-culture-loisirs, la ville s’est portée acquéreur de l’ensemble de la zone en juillet 2009.

Les premiers travaux de rénovation ont débuté en 2012. Un premier pas vers une transformation radicale, qui fera du fort du Vert Galant un haut lieu de souvenir, d'expression culturelle et de loisirs.

Un site remarquable

Le fort du Vert Galant s’étend sur 11 hectares. En plus des bâtiments fortifiés s’y trouvent un bois, un étang et un glacis très largement reconquis par la Nature.

Vue aérienne :

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Le fort est installé à la limite Ouest de la ville, en bordure de la commune de Verlinghem. L’entrée (1, cliquez sur le visuel pour l'agrandir) se trouve sur la rue du Vert Galant et permet de pénétrer à l’intérieur du mur d’enceinte (2).

Un important glacis (3) ceint l’édifice. Sur sa partie Sud a été construit un un parking de 150 places, le reste demeurant des zones d’herbage louées à un agriculteur. Enfin un espace boisé sauvage (5) borde un étang (4) apparu lors de l’extraction de l’argile nécessaire à la confection des briques destinées à la réalisation de l’ouvrage.

Ce bois (5) abrite une flore et une faune remarquable : la réhabilitation de la zone tiendra évidemment compte de ce volet naturel et prévoit, en plus de la protection de toute la zone Nord, la réintroduction des chauve-souris via l’installation de nombreuses niches.

A crête unique ?

L’architecture du fort est dite à crête unique.

Cela signifie qu’artillerie et infanterie sont positionnées au même niveau, au contraire du fort de Bondues ou de Mons par exemple, où les deux armements sont positionnés sur deux niveaux.

Cette conception a été rendue nécessaire par la faible altitude de la butte sur laquelle a été édifié le fort (20 mètres), et le faible dénivelé qui en découle.